Alerte rouge sur les greens wallons!

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Source: Les Sports+
Miguel Tasso
Publié le jeudi 06 décembre 2018 à 21h41 – Mis à jour le jeudi 06 décembre 2018 à 21h42

Un décret inquiète les clubs francophones. Leurs membres pourraient partir jouer en Flandre !

Grâce à Thomas Pieters et Thomas Detry, la Belgique vient de remporter la Coupe du monde par équipes. Le golf n’a sans doute jamais été aussi médiatisé et populaire dans le pays. Le nombre des licenciés est à la hausse, notamment auprès des jeunes. Et pourtant les clubs francophones sont très inquiets. En cause : l’application à la lettre, depuis le 1er juin 2018, d’un décret européen visant à interdire les produits phytopharmaceutiques pour l’entretien des greens.

Concrètement, les clubs wallons ne peuvent plus utiliser le moindre pesticide. « Évidemment, nous respectons et partageons cet objectif zéro phyto. Mais nous constatons aussi que la Région wallonne est la seule, en Europe, à ne proposer aucune dérogation. Côté flamand, par exemple, les clubs peuvent, le cas échéant, soigner les greens malades avec une faible dose de produits chimiques. C’est vrai aussi pour nos voisins étrangers. Côté wallon, tout nous est interdit sous peine d’amendes financières très importantes, voire même de sanctions pénales pour les greenkeepers », explique Philippe Delhaye, président de l’Association francophone de Golf (AFGolf).

Le green est une zone de gazon très fragile qui nécessite un entretien permanent. C’est aussi la zone de jeu la plus importante d’un parcours. Là où le bon roulement de la balle est essentiel. Le moindre champignon peut avoir des conséquences dramatiques pour la pratique de ce sport. « Le danger est évident. Si les clubs wallons ne sont plus en mesure de proposer des greens de qualité, les joueurs vont aller voir ailleurs – dans les clubs flamands, voire même dans les clubs frontaliers – si l’herbe est plus verte. Mais, pour l’heure, Carlo Di Antonio, ministre de l’Environnement du gouvernement wallon, est intransigeant. Nous aimerions juste le rencontrer, réexpliquer notre point de vue, explorer de nouvelles pistes pour éviter une catastrophe… »
Avec 25 000 licenciés répartis dans 26 clubs dans la partie francophone du pays, le golf est créateur d’emplois directs ou indirects pour la Région. C’est aussi un sport olympique qui se pratique au grand air, à tout âge et en harmonie avec la nature. Il a donc tout pour plaire même s’il dégage toujours, aux yeux de certains politiques, une image élitiste qui freine son développement. « Les clubs francophones de foot professionnels de l’élite ont reçu une dérogation pour entretenir leur gazon. Mais pas ceux de golf. J’espère sincèrement qu’on pourra se retrouver autour d’une table car la situation devient très inquiétante… »

Lorsqu’ils étaient plus jeunes, Nicolas Colsaerts ou Thomas Detry ont bénéficié de greens de qualité, à Rigenée ou à 7 Fontaines, pour progresser. Osons croire que la nouvelle génération ne devra pas s’expatrier pour chasser le birdie !